Rosé, une lame de fond


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C’est un raz-de-marée. Vin le plus consommé au monde – 1 bouteille sur 10 – le rosé connaît un engouement inouï, poussé par la virtuosité des vignerons français qui le proposent désormais tout au long de l’année.

Premier producteur au monde de rosés, la France conserve non seulement sa place de leader mais donne le cap, dessinant les tendances. Robe pâle, notes d’agrumes et de fruits frais, l’heure est à la légèreté et au fringant. Sur glace ou en cocktail, le rosé se réinvente et trouve désormais des adeptes, même en plein hiver ! Car oui le rosé se consomme désormais tout au long de l’année, au même titre qu’un vin blanc, à l’apéritif ou sur des entrées légères ou des plats végétariens. Chaque année, ce sont ainsi près de 2,5 millards de bouteilles de rosé qui sont consommées partout dans le monde, un gros tiers par les Français.

Pourtant, derrière la couleur se cachent plusieurs déclinaisons. Le rosé de Provence sert toujours d’étalon, porté par une robe pâle synonyme de légèreté, mais le Tavel par exemple, ou le Bandol, deux appellations elles aussi provençales, élaborent des rosés beaucoup plus colorés, puissants et vineux, aptes à s’associer à des viandes rouges ou blanches. Dans la Loire, le cabernet d’Anjou joue la douceur avec toujours un peu de sucre résiduel qui lui donne un caractère gourmand, les rosés du Jura frôlent le rouge, variant de rouge pâle à soutenu, et à Bordeaux, le claret est un ancien rouge converti à la cause… La Champagne également ne renie pas la couleur, et le succès des bulles rosées ne faiblit pas. Un comble lorsque l’on sait que rosé rime avec soleil, mer et vacances ! Et paradoxe méditerranéen car le rosé n’est même pas né en Provence !

C’est en 1936, à l’ère des premiers congés payés que le phénomène se construit et que le mythe se forme. A cette époque, le rosé n’est qu’un petit vin produit maladroitement dans les vignobles du Sud. La méthode n’est pas très au point mais les premiers vacanciers en route vers le sud vont changer la donne, avides de vins plus festifs, faciles à boire, frais et à moindre coût. Un succès jamais démenti depuis et qui coule jusqu’à nous, du 1er janvier au 31 décembre.

Par Bettane+Desseauve

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